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Comme le Lauréat n’a pu être présent au Banquet du Nobel à l’Hôtel de ville de Stockholm, le 10 décembre 1954, le discours a été lu par John M. Cabot, Ambassadeur des États-Unis en Suède *

« N’ayant aucune facilité pour la prise de parole et aucune maîtrise de l’oratoire ni aucune domination de la rhétorique, je tiens à remercier les administrateurs de la générosité d’Alfred Nobel pour ce Prix.

Aucun écrivain qui connaît les grands écrivains qui n’ont pas reçu le Prix ne peut l’accepter autrement qu’avec humilité. Il n’est pas nécessaire d’énumérer ces écrivains. Chacun ici peut faire sa propre liste selon sa connaissance et sa conscience.

Il me serait impossible de demander à l’Ambassadeur de mon pays de lire un discours dans lequel un écrivain dit toutes les choses qui sont dans son cœur. Les choses peuvent ne pas être immédiatement discernables dans ce qu’un homme écrit, et en cela parfois il a de la chance; mais finalement elles sont assez claires et par celles-ci et le degré d’alchimie qu’il possède, il les supportera ou sera oublié.

L’écriture, à son meilleur, est une vie solitaire. Les organisations d’écrivains pallient la solitude de l’écrivain mais je doute qu’elles améliorent son écriture. Il grandit en stature publique alors qu’il se débarrasse de sa solitude et que souvent son travail se détériore. Car il fait son œuvre seul et s’il est assez bon écrivain, il doit affronter chaque jour l’éternité, ou l’absence de celle-ci.

Pour un vrai écrivain, chaque livre doit être un nouveau départ où il tente à nouveau quelque chose qui est au-delà de la réalisation. Il devrait toujours essayer quelque chose qui n’a jamais été fait ou que d’autres ont essayé et échoué. Puis parfois, avec beaucoup de chance, il réussira.

Comme l’écriture de la littérature serait simple s’il n’était nécessaire que d’écrire d’une autre manière ce qui a été bien écrit. C’est parce que nous avons eu de si grands écrivains dans le passé qu’un écrivain est poussé loin là où il peut aller, là où personne ne peut l’aider.

J’ai parlé trop longtemps pour un écrivain. Un écrivain devrait écrire ce qu’il a à dire et ne pas le dire. Encore une fois, je vous remercie. »

Avant le discours, H.S. Nyberg, membre de l’Académie suédoise, a fait le commentaire suivant: « Un autre regret profond est que le lauréat du Prix Nobel de littérature de cette année, Mr. Ernest Hemingway, en raison de problèmes de santé doit être absent de notre célébration. Nous voulons exprimer notre admiration pour l’œil d’aigle avec lequel il a observé, et pour la justesse avec laquelle il a interprété l’existence humaine de nos temps turbulents; aussi pour l’admirable retenue avec laquelle il a décrit leur lutte nue. Les problèmes humains qu’il a traités sont pertinents pour nous tous, vivant comme nous dans les conditions confuses de la vie moderne; et peu d’auteurs ont exercé une influence aussi large sur la littérature contemporaine dans tous les pays. Nous espérons sincèrement qu’il retrouvera bientôt la santé et la force dans la poursuite de sa vie-travail. »

*Ernest Hemingway a lu et enregistré son discours à une date ultérieure.

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